Le liseron et moi, c'est une grande histoire mais pas une histoire d'amour. C'est plutôt une guerre de tranchées.
J'ai décidé puisque mes vacances de septembre qui commencent par la pluie et la grisaille de m'attaquer, une nouvelle fois, à la pire (selon moi) des plantes invasives. A regarder de loin, le liseron forme un couvre sol parfait et en plus la fleur est ravissante. Mais c'est une vraie saleté je vous assure ! Elle s'enroule autour de ses proies, les étouffe et sous des airs de délicatesse, les tue et les fait disparaître. Parfois, je peux apercevoir une petite branche de vivace, ou même de jeune arbuste, tordue de douleur sous les assauts de la monstrueuse bête végétale.
J'ai lu pas mal de choses sur le liseron. Il s'agit d'une vivace (ah ça c'est certain ! elle est bien vivace !) les feuilles sont caduques et disparaîssent en hiver. Mais cela ne veut pas dire que le liseron a gelé. La saleté ne gèle pas (ce serait trop merveilleux !), elle attend simplement tranquillement sous terre le printemps. Elle lance alors ses rhizomes partout où elle peut s'accrocher et s'enrouler. S'il n'y a rien elle rampe. Je suis certaine que si je reste trop longtemps sur ma chaise longue, elle pourrait m'étouffer (un vrai cauchemar).
J'ai lu que le liseron avait un grand intérêt notamment pour les butineuses mais aussi qu'il enrichirait le compost en azote (si on l'y dépose en retirant les racines) mouai je ne veux pas essayer, j'ai trop peur de la bête.
Pourquoi est il présent dans mon sol ? J'ai cherché et lu que le liseron était là pour décompacter un sol, et surtout un sous-sol, trop compacté. Ah ! voilà qui m'apporte une piste sérieuse. Pour en venir à bout, peut être pas, mais pour lui faire comprendre qu'il est inutile là où il est.

J'ai donc observé de près ma terre et creusé sur 30cm. Je constate que dans mon massif, où il n'y avait que des polyantha rouges, il n'y a aucun vers de terre ou si peu et si minuscules que s'en est désolant. La seule vie que j'y trouve c'est quelques fourmis et encore très peu mais suffisamment pour rentrer dans mon gant et me mordre (vilaines !). La terre est très tassée même si, après la pluie, je la travaille bien puisque c'est presque du sable. En creusant, je trouve de la terre compactée en gros morceaux dure comme de la pierre et évidemment c'est là que mon liseron prend racine. Avec une petite pelle, je peux la fendre et l'effriter facilement, bonne nouvelle !
Après réflexion, j'ai décidé de creuser petit à petit la terre de mon massif sur 20 à 30 centimètres. De mettre la terre dans ma brouette. De retirer tous les petits morceaux de racines de le peste que j'y trouve, de bien casser les morceaux de terre agglomérés et enfin de reverser la terre. Le fait que je chamboule le sol et le sous-sol n'a pas d'importance puisque la vie n'y existe pas.
J'avance lentement mais sûrement. J'ai replacé mes pierres qui me permettent d'aller papoter avec ma voisine près de notre muret de séparation. Je replace petit à petit ce que je déterre. Tous les végétaux que j'ai plantés sont envahis.
Une stipa attaquée par la bête

Une fois que j'aurai terminé ce travail de forçat, il faut que les vers de terre reviennent. Je paillerai sur une bonne épaisseur. L'automne arrive, je vais y mettre aussi des feuilles mortes. Je peux même tenter d'y mettre du carton, les vers adorent ça.
J'ai lu également que le liseron aimait les sols riches en azote. Donc je dois éviter de mettre un fertilisant qui en contiendrait. Je me contenterai de mettre de la corne broyée.
Je vous tiendrai au courant du résultat de mon travail. Qu'en pensez vous ? Avez vous des astuces pour contrôler la bête ou mieux l'éradiquer. Sans chimie bien sûr, vous savez que je suis totalement contre. Aucun "tue quelque chose" même "naturel" n'est répandu dans mon jardin.