Je vous emmène en balade aujourd'hui tout près de chez moi (-10km) dans la réserve naturelle de la vallée de Chevreuse. C'est Monique qui m'a invité à découvrir le verger des habitants de Saint-Remy-lès-Chevreuse.
Elle m'explique que le château de Vaugien, inscrit au titre des monuments historique, abritait jadis un verger. Celui à l'abandon depuis de nombreuses années a été réhabilité par des bénévoles en partenariat avec la commune et le parc naturel régional. Une belle initiative, un beau projet solidaire de résilience locale qui permet de transmettre et de partager des savoir-faire ancestraux en arboriculture agricole. Le verger, sur 5000 m2, propose des visites pédagogiques et des cours de taille et de greffage. Les variétés locales et anciennes sont choisies pour leur qualité nutritionnelle et de conservation. Il y a une partie palissé et une partie qui deviendra une forêt lorsque les jeunes arbres s'élanceront plus haut : 400 arbres et 4 pépinières d’arbres greffés, plus de 100 variétés de fruits.
Jacques, bénévole depuis la création du verger, se joint à nous pour la visite. A la retraite, il me raconte sa passion, son amour du lieu qu'il voit grandir, les rencontres merveilleuses et les échanges riches d'enseignements. Il est à l'origine de nombreux aménagements pour que la biodiversité, une mare, des abris pour les oiseaux...
Ici bien entendu pas le moindre produit chimique. "La cloque du pêcher ? On la traite avec une décoction d'ail. On essaie que des moyens naturelles" me dit il. Les bénévoles utilisent du paillis de végétaux au pied et aussi de l'herbe coupée pour amener de l'azote bénéfique aux fruitiers. Les oiseaux aiment ses nichoirs, il y a des petits dans chacun d'eux, ils vont débarrasser les fruitiers des petites bêtes indésirables.
Dans la mare, Jacques me montre des tétards, futurs grenouilles. Elle grouille de vie, il ne faut pas trop nettoyer. Le lieu est paisible et charmant. La lumière, les arbres et les nuages s'y reflètent, propice à la détente.
un petit pont qu'enjambe petit et grand, un banc improvisé avec des planches ou des troncs d'arbre pour se poser et méditer. Les bénévoles ne sont pas obligés de travailler, ils peuvent simplement venir rêver ou cueillir des fleurs sauvages. Il y a de la poésie dans ses herbes folles.
Un lieu de pique-nique, de partages et de discussions pour les bénévoles

Un peu plus loin, Monique me fait découvrir deux ruches dont l'une est habitée par une colonie arrivée très récemment. Elles vont participer activer à la pollinisation. Des malus d'ornement ainsi que des rosiers sont plantés aux 4 coins du verger en espalier pour les attirer.
A la limite du verger, derrière ce qui deviendra la forêt des grands pommiers, un très beau mur que les bénévoles restaurent. Il s'était écroulé. Certains frottent les pierres pour les débarrasser de la mousse, d'autres les remettent en place et d'autres encore font un ciment pour refaire les joints. C'est un bel ouvrage qui pourra accueillir bientôt d'autres pommiers ou poiriers.
Les arbres fruitiers sont greffés sur place par les bénévoles. Ils élèvent les portes greffes sur des petites buttes qui permettent de les multiplier puis lorsqu'ils sont assez fort ils les prélèvent pour greffer dessus les variétés horticoles qu'ils veulent intégrer dans le jardin. C'est un travail de patience. Monique et Jacques sont fiers de me montrer leurs essais et leurs réussites. Chapeau bas ! Le porte greffe est choisi selon la taille de l'arbre que l'on souhaite obtenir. A pousse lente pour les espaliers, par exemple ou plus rapide pour les grands arbres ou les moyens.
Au premier plan la butte qui accueille les porte-greffes (le plus souvent des cognassiers mais pas que) et derrière les greffes réalisées par les bénévoles
photo à droite, Jacques s'est amusé à réaliser une triple greffe. Le verger est aussi un espace d'expérimentation.
On trouve des pommiers, des poiriers, des pêchers, quelques jeunes sarments de vigne, des petits arbustes à petits fruits tels que les groseillers, des noisetiers également. Les arbres sont conduits en espalier, en palmette, en forme qui ressemble à des antennes de télévision aussi, en colonnes également.
Contre un mur

Pour finir la visite nous repartons par le charmant chemin qui nous a mené jusqu'au verger pour découvrir une ravissante petite chapelle, celle du château sans doute qui se visite lors des journées du patrimoine et pour des journées d'escape game (pour ceux qui connaissent).
Si vous souhaitez découvrir ce lieu unique, contactez l'association "Yvette vallée en transition" mail : yvetransition@free.fr